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Année polaire internationale/ génétique sportive/ inhalateur iode/ myrmécologie

L'année polaire internationale transformée en décennie?

La Russie a proposé de prolonger le vaste programme international d'étude de l'Arctique et de l'Antarctique que constitue l'Année polaire internationale (API) et de le transformer en Décennie polaire internationale, rapporte le site nkj.ru.

Cette proposition a été faite en juillet à Saint-Pétersbourg au Comité arctique international de la science (IASC) et au Comité scientifique pour l'étude de l'Arctique, à l'occasion d'une conférence internationale réunissant des chercheurs et spécialistes du Pôle de 43 pays. C'est Artour Tchilingarov, vice-président de la Douma (chambre basse du parlement russe) et représentant spécial du président russe pour l'Année polaire internationale, qui a présenté cette proposition. Il a appelé ses collègues à soutenir cette initiative, visant à intensifier la coopération scientifique internationale concernant l'étude des régions polaires.

La Commission océanographique internationale (COI) avait auparavant noté que les résultats des travaux conduits sur les plans d'eau des mers circumpolaires constituaient un mécanisme majeur pour la compréhension des changements climatiques globaux. C'est avec cette nécessité d'étudier le climat sur le long terme que le scientifique russe motive l'introduction de cette "décennie polaire".

Artour Tchilingarov, qui est membre correspondant de l'Académie des sciences russe, a précisé à la revue Nauka i jizn que dans le cadre de l'Année polaire internationale 2007-2008, les chercheurs russes avaient réalisé 77 expéditions et missions sur le terrain (53 dans l'Arctique et 24 dans l'Antarctique). Les expéditions menées dans le cadre de l'API ont mobilisé 76 organisations russes et étrangères. "Le gouvernement russe, a-t-il souligné, a accordé une rallonge de 250 millions de roubles (6,9 millions d'euros) pour l'étude de l'Arctique et de l'Antarctique. L'API constitue le plus important programme de recherche international de ces cinquante dernières années. Artour Tchilingarov a insisté sur le fait que les variations climatiques dans les régions polaires entraînaient immanquablement des conséquences sociales, écologiques et économiques pour la plupart des pays. En 2007, a-t-il ajouté, le règlement des problèmes posés par l'étude et la conquête des régions polaires a mobilisé plusieurs dizaines de milliers de scientifiques et de spécialistes de 63 Etats."

La toute première contribution de la Russie à cette Décennie polaire internationale pourrait être, selon Artour Tchilingarov, l'aménagement de la nouvelle station dérivante Severnyi Polius-36 (Pôle Nord-36). Les participants à la mission SP-36, qui mobilisera entre 20 et 25 scientifiques et spécialistes, débarqueront à l'automne 2008 du navire d'expédition Akademik Fedorov sur un bloc de glace choisi à l'avance. Pour parvenir à destination, au nord de l'île de Wrangel, l'Akademik Fedorov sera accompagné d'un brise-glace nucléaire. L'explorateur russe a rappelé que la création et le bon fonctionnement des stations dérivantes Severnyi Polius sont unanimement reconnus dans les milieux scientifiques mondiaux comme étant issus du savoir faire russe. Les données qu'a pu collecter l'expédition SP-35, qui vient de s'achever, sont d'une qualité exceptionnelle.

Cette expédition, qui avait débuté le 21 septembre 2007, s'est achevée dans la précipitation à la mi-juillet. Elle avait débuté dans l'Arctique, au nord-est de l'Archipel de la Nouvelle Zemble, sur un bloc de glace dérivant situé dans la partie septentrionale du massif de glace de Taïmyr. Les scientifiques ont parcouru plus de 2.500 km sur ce bloc de glace, en suivant une trajectoire complexe. A la mi-juillet, le Rosguidromet (Service russe d'hydrométéorologie) a pris la décision d'écourter d'un mois l'expédition et d'évacuer la station SP-35. Le bloc de glace s'était en effet rapproché, se trouvant alors seulement à 120 km de l'archipel des Spitzberg. Il risquait de n'en être plus qu'à 30 ou 40 km au mois d'août et d'être détruit. Sa taille, qui était initialement de 3x5 km, n'était plus que de 300x400 m.

L'opération d'évacuation, qui n'a duré que quelques jours, a débuté le 13 juillet. Les scientifiques ont été recueillis par le navire d'expédition Mikhaïl Somov, épaulé par le brise-glace atomique Arktika. Outre les hommes, tout le matériel (28 petites maisons, 220 tonnes de fret) a été évacué, de même que la totalité des déchets. La mission SP-35, qui comptait 20 personnes (et 2 chiens) était dirigée par Alexeï Visnevski, un chercheur de renom.

Découverte des gènes favorisant les performances des sportifs

Les chercheurs ont établi avec certitude quels sont les variantes de gènes influant sur les résultats des athlètes, a affirmé à RIA Novosti le généticien russe Dmitri Zaletaev.

"Nous connaissons à ce jour environ 150 gènes ayant tel ou tel rapport avec les performances des sportifs", a indiqué Dmitri Zaletaev, responsable du laboratoire de génétique moléculaire humaine de l'Institut de recherche en médecine moléculaire de l'Académie de médecine Setchenov de Moscou.

Ce chercheur a cité comme exemple le gène alpha-actinine-3, qui est un composant protéinique important des muscles du squelette. "Cet alpha-actinine-3 joue un rôle important pour les fibres rapides des muscles du squelette, c'est pourquoi les gens ayant un génotype particulier auront un avantage certain au niveau de la vitesse et de la force, et courront plus vite, a-t-il expliqué."

Selon lui, les différents allèles (variantes) de ce gène peuvent aider à former, selon les cas, de bons triathlètes, footballeurs, hockeyeurs ou rameurs, ou bien des champions dans des disciplines sportives requérant beaucoup de force.

"Nous pouvons trouver très précisément la variante polymorphe de gène qui fonctionnera le mieux chez un sportif", a poursuivi le chercheur. Il est ainsi, selon lui, parfaitement possible de détecter dans les écoles de sport pour enfants les élèves qui auront les meilleurs résultats, à condition de travailler dans une direction bien ciblée.

N'importe qui, aujourd'hui, peut savoir de manière fiable, en recourant à un test génétique, dans quelles disciplines sportives il pourra briller, affirme Dmitri Zaletaev. "Chacun pourra savoir quelle activité lui convient le mieux: développer ses biceps, courir ou nager. Certaines personnes possèdent peut-être des capacités, mais l'ignorent et restent assis derrière leur ordinateur. Ou bien ils peuvent passer des années à pratiquer un autre sport (que celui qui leur conviendrait le mieux - ndlr), sans arriver à rien."

Dmitri Zaletaev estime que la Russie ne mène aucun travail sérieux dans le domaine de la génétique sportive. Elle devrait, selon lui, engager un programme étatique ou commander des études dans ce domaine.

De l'air marin à domicile, ou presque

Des chercheurs moscovites ont élaboré et breveté un appareil permettant sinon de respirer chez soi un véritable air marin, tout au moins d'enrichir l'air des appartements de minuscules particules d'iode, pour le plus grand bienfait de son organisme, rapporte le site informnauka.ru.

Des membres de la société Ingatek ont mis au point, conjointement avec des chercheurs du Centre scientifique russe "Institut Kourtchatov", un appareil d'une très grande utilité. Il s'agit d'un diffuseur "d'air marin" pour l'ionisation par inhalation de la population. Il s'agit, au fond, d'une installation permettant d'enrichir en iode l'air que nous respirons dans nos appartements. Ces aérosols se présentent sous la forme de minuscules particules d'iode de potassium et/ou d'iode de sodium, d'une taille inférieure à un micron.

L'appareil est capable de maintenir dans l'air d'une pièce une concentration en iode de l'ordre de 10 à 30 microgrammes par mètre cube. C'est à peu près la concentration d'iode que l'on trouve dans l'air marin. Il permet ainsi à un individu d'absorber, en l'espace d'une nuit, la norme journalière de consommation d'iode, soit une centaine de microgrammes. Tout en sachant que dépasser cette dose ne prête nullement à conséquence: la glande thyroïde est là pour éviter que l'organisme n'ingère plus d'iode que nécessaire.

L'appareil se présente de la manière suivante. Une petite unité chauffante installée à l'intérieur porte à une température d'environ 700 degrés Celsius une capsule de porcelaine contenant des sels d'iode. Ceux-ci fondent, s'évaporent lentement et se condensent dans l'air, en formant des particules d'une taille de 0,005 à 0,5 micron. Ensuite, tout comme s'il se trouvait au bord de la mer, l'individu absorbe ces aérosols et ces particules qui, en raison de leur minuscule taille, ne sont pas retenues dans le nasopharynx et parviennent dans les bronches et les poumons. Là, les iodures se dissolvent (elles se dissolvent parfaitement dans l'eau) et passent dans le sang.

Tout cela a été confirmé par des études conduites par des médecins de l'Institut de recherche sur la tuberculose de Novossibirsk. Ils ont mesuré la concentration d'iode dans le sang chez des patients le soir, avant l'inhalation, puis au matin, après une nuit passée dans une chambre où fonctionnait l'inhalateur. L'iode passe effectivement dans le sang et sa concentration y est portée à un niveau normal (si elle était insuffisante) ou demeure inchangée (si elle était suffisante).

Dans un pays aussi immense que la Russie et s'étendant sur de vastes zones continentales, souvent très éloignées de la mer, le déficit en iode chez la population est bien connu. Les solutions proposées traditionnellement, telles que le sel iodé, le pain iodé ou des préparations spéciales ne règlent pas tout. Selon le ministère de la Santé, quelque 20 millions de personnes souffrent en Russie d'un manque d'iode.

Il faut donc espérer que ces nouveaux inhalateurs, diffuseurs "d'air marin", leur viendront en aide. Ils sont efficaces, simples à utiliser, silencieux et peu gourmands en énergie. Les capsules durent dix-huit mois et sont faciles à remplacer.

"L'orientation professionnelle" des fourmis

Chez les fourmis, chaque individu s'adonne à un travail bien précis. Mais comment s'opère cette spécialisation? Chaque fourmi se voit-elle dicter son rôle ou choisit-elle elle-même sa "fonction"? Et selon quels critères? Des chercheurs russes de Sibérie ont tenté d'apporter des réponses à ces questions, rapporte le site informnauka.ru.

C'est une équipe de l'Université d'Etat de Novossibirsk qui s'est attelée à la tâche, sous la conduite de Janna Reznikova. Ces chercheurs de l'Institut d'étude systémique et d'écologie des animaux de la Section sibérienne de l'Académie des sciences russe ont bénéficié du soutien de plusieurs organismes officiels. Leurs travaux ont concerné des fourmis rouges des forêts. Ils sont parvenus à une conclusion toute simple: la fourmi ouvrière se choisit une activité correspondant à ses capacités d'apprentissage et à son niveau d'agressivité.

Chez ces fourmis rouges règne une spécialisation complexe. On trouve des individus exerçant différents types de fonctions: collecteurs de suc de pucerons, chasseurs, gardes, "nourrices", ouvriers. Ces groupes ne sont toutefois eux-mêmes pas homogènes. Ainsi, chez les collecteurs de suc, on trouve des bergers, des gardes, des explorateurs et des transporteurs. Il est à noter que les individus de spécialisations différentes ne se distinguent extérieurement en rien les uns des autres. L'âge non plus n'intervient pas dans le choix d'une "profession". Ce choix est opéré en fonction des caractéristiques individuelles des fourmis.

Les chercheurs ont établi que les fourmis de différentes spécialisations possèdent des niveaux différents d'agressivité. Pour établir ce constat, ils ont introduit individuellement des fourmis dans une "arène" de 15x15 cm et leur ont présenté soit un carabe vivant soit un faux. Les gardes et les chasseurs ont réagi plus agressivement à cet ennemi que les collecteurs de suc. Les chercheurs ont testé de la même manière des fourmis "naïves" de deux semaines, nées en laboratoire, et ayant grandi en isolement. Trois d'entre elles, sur vingt-sept, ont attaqué le carabe tout aussi activement que les gardes expérimentés. Il est probable que ce soit parmi les individus de cette "trempe", faisant preuve très tôt d'une agressivité élevée, que les fourmis choisissent leurs futurs chasseurs et gardes.

Encore faut-il que les fourmis apprennent ces fonctions: l'agressivité seule ne suffit pas. Les expériences ont montré que les "professionnelles" se ruent même sur les leurres, si ceux-ci leur rappellent un carabe ne serait-ce que par leur couleur, et que les fourmis "naïves" réagissent beaucoup plus fréquemment à un carabe vivant. A l'évidence, les "spécialistes" réagissent même à certains signes de l'ennemi seulement, telles la couleur ou la forme. Mais plus le leurre ressemble à l'original, et plus les gardes se ruent sur lui avec ferveur. Les fourmis-gardes ne s'engagent dans une lutte à mort que contre les carabes vivants.

Avec un scarabée, les comportements peuvent varier: menaces d'intimidation en ouvrant les mandibules, morsures, et parfois poursuites accompagnées de morsures. Une "professionnelle" sur cinq achève sa rencontre avec un carabe par une lutte à mort. Les fourmis naïves en sont incapables. Elles ne savent pas non plus conclure une attaque. Si elles ne parviennent pas à se fixer fermement à un scarabée avec leurs mandibules, elles se mettent sur le dos et tentent de s'accrocher à une patte de celui-ci. Les "spécialistes" ne procèdent jamais de cette manière.

L'aptitude à déceler les principales caractéristiques de l'ennemi et à le chasser efficacement vient avec l'expérience, mais l'agressivité est une qualité indispensable pour un chasseur, que l'individu doit posséder à sa naissance. C'est ainsi que les fourmis préparent leurs "professionnelles". Il en va donc chez la fourmi comme chez l'homme: deviennent de bons "spécialistes" les sujets qui possèdent dès le départ certaines aptitudes et apprennent ensuite consciencieusement.

source : Ria Novosti

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