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La serpentine, une roche incriminée dans la formation des séismes

Une roche du manteau terrestre, la serpentine, participe à la formation des zones de subduction, qui sont les régions sismiques les plus dangereuses au monde. Sa présence conditionnerait la répartition géographique des séismes. C'est ce que suggèrent les études menées par une équipe du laboratoire des Sciences de la Terre (CNRS / ENS Lyon / Université Lyon 1), en collaboration avec des chercheurs du synchrotron américain APS (1) et du Laboratoire de structure et propriétés de l'état solide (CNRS / Université Lille 1 / Ecole nationale supérieure de Chimie Lille). La serpentine est formée jusqu'à 200 km de profondeur, c'est-à-dire là où se produisent les séismes les plus meurtriers. Les scientifiques ont clairement mis en évidence son implication dans la répartition des forces à l'origine des séismes. Publiés le 21 décembre dans Science, ces résultats (2) permettraient une meilleure compréhension de certains phénomènes géologiques majeurs, telle la répétition des séismes.

Pourquoi les chromosomes X doivent savoir compter jusqu'à deux ?

Chez les mammifères, l'existence de chromosomes sexuels de taille différente aurait pu être à l'origine d'une injustice génétique. Le chromosome Y qui caractérise les mâles est de petite taille et contient beaucoup moins de gènes que le chromosome X. Pour éviter une inégalité génétique, les femelles mammifères inactivent un de leur deux chromosomes sexuels au cours de l'embryogenèse. Mais comment se déroule cette extinction, qui ne doit avoir lieu que chez les femelles et au cours de laquelle la cellule doit choisir entre le chromosome X hérité du père et celui hérité de la mère ?
A l'Institut Curie, l'équipe CNRS d'Edith Heard (1)vient de découvrir que, dans un premier temps, une région chromosomique particulière, Xpr, met en contact les chromosomes X et s'assure de leur nombre : s'il y a plus d'un chromosome X, l'un des deux peut être inactivé. Xpr est ainsi le rouage principal de cette étape de vérification, essentielle pour éviter des extinctions intempestives aux conséquences néfastes.
Ces résultats sont publiés dans la revue Science du 7 décembre 2007.

Myopathie de Duchenne : réparation de cellules souches musculaires humaines

Des cellules souches musculaires de personnes atteintes de myopathie, peuvent-elles être corrigées de façon pérenne et, in fine, "guéries" ? C'est en utilisant une technique de thérapie génique, le "saut d'exon" (1), qu'une équipe de chercheurs franco-italiens coordonnée par le chercheur CNRS Luis Garcia (2) et Yvan Torrente (3) y est parvenue. Ces scientifiques ont ainsi restauré, pour la première fois, la fonctionnalité de la dystrophine humaine, la protéine manquante dans la myopathie de Duchenne, la plus fréquente des maladies neuromusculaires. Ils ont ensuite transplanté ces cellules humaines "corrigées" dans des souris modèles de cette pathologie, pour tester leur efficacité. Et, les performances musculaires des souris s'en sont trouvées améliorées. Publiés le 13 décembre 2007 dans la revue Cell Stem Cell, ces travaux ont été effectués en partie dans le cadre de Généthon, laboratoire créé et financé par l'AFM grâce aux dons du Téléthon. Ils constituent une avancée dans le traitement cellulaire autologue, utilisant les propres cellules du patient "réhabilitées".

Comment la bactérie de l'anthrax déjoue nos défenses immunitaires

Après avoir démontré le rôle protecteur d'une enzyme de l'immunité naturelle de l'organisme contre B. anthracis, la bactérie de l'anthrax, des chercheurs de l'Institut Pasteur, de l'Inserm et du CNRS expliquent aujourd'hui comment le bacille est capable d'échapper à l'action bactéricide de cette enzyme : il produit une toxine qui inhibe sa synthèse. Ces travaux*, publiés dans PloS Pathogens, mettent en évidence de nouvelles pistes thérapeutiques potentielles contre la maladie du charbon.

L'origine surprenante de la pollution atmosphérique particulaire en composés carbonés

La combustion de biomasse (feux de cheminée, feux agricoles et feux de jardins) est responsable de 50 à 70% de la pollution carbonée hivernale en Europe. Tel est le verdict rendu par le programme européen CARBOSOL chargé d'étudier la pollution particulaire en composés carbonés en Europe, et coordonné par le Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE, CNRS / Université Grenoble 1). Un résultat surprenant, à paraître le 15 décembre dans The Journal of Geophysical Research, qui a en outre le mérite de souligner les voies possibles de lutte contre cette pollution.

Des satellites de Saturne nous renseignent sur la formation des planètes et des anneaux

Les anneaux de Saturne constituent l'une des régions les plus étonnantes du Système Solaire. Au cours des étés 2006 et 2007, les caméras de la sonde américaine CASSINI ont révélé que deux satellites de Saturne, Pan et Atlas, étaient ceinturés à l'équateur d'importants « bourrelets » donnant à ces lunes la forme d'une soucoupe volante. Une équipe d'astrophysiciens du laboratoire AIM(1 (CEA, Université Paris Diderot, CNRS), de l'Université de Cornell (Etats-Unis) et du Space Science Institute (Etats-Unis) a réussi à modéliser l'assemblage de ces bourrelets à l'aide de simulations numériques. Ces résultats permettent d'en savoir plus sur l'histoire des anneaux de Saturne et sur les processus fondamentaux à l'œuvre au moment de la formation du système solaire. Ils seront publiés dans la revue Science du 7 décembre 2007.

Les vestiges d'un océan de magma à la base du manteau terrestre

Il y a une dizaine d'années, les sismologues découvraient des zones partiellement fondues à la base du manteau terrestre dont l'origine fait encore débat. Dans la revue Nature du 6 décembre 2007, des chercheurs du Laboratoire des sciences de la Terre (ENS Lyon, Université Lyon 1, CNRS) de Lyon et de l'Université British Columbia (Canada), montrent que ces objets insolites à la limite entre le noyau et le manteau pourraient être les vestiges d'un océan de magma, formé il y a 4,5 milliards d'années et se solidifiant depuis lentement. Cette hypothèse apporte un éclairage nouveau sur l'évolution de l'intérieur de la planète et de son champ magnétique.

Une nouvelle stratégie pour concevoir des médicaments

Les formulations bioactives, un tout nouveau procédé de présentation des médicaments, est à l'origine d'une génération inédite de remèdes, particulièrement prometteurs. Cette stratégie a été mise au point par l'équipe d'Isabelle Rico-Lattes, directrice de recherche CNRS au laboratoire "Interactions moléculaires et réactivité chimique et photochimique" (IMRCP, CNRS / Université Toulouse 3). Ses deux premières applications ont été brevetées et développées industriellement, en partenariat avec les laboratoires Pierre Fabre. L'une d'elles, très efficace pour traiter les peaux atopiques(1), notamment l'eczéma, vient d'être commercialisée en pharmacie. Surtout, ces travaux, rassemblés dans la revue "l'Actualité Chimique" publiée en 2007, s'inscrivent dans une chimie "verte", respectueuse de l'environnement.

Le stroboscope de l'attention

L'attention visuelle est généralement représentée comme un faisceau lumineux qui éclaire un objet ou un endroit de la scène visuelle et favorise son traitement par le cerveau. Les résultats d'une étude franco-américaine, coordonnée par Rufin VanRullen (1), chercheur au Centre de recherche cerveau et cognition (CNRS/Université Toulouse 3) démontrent que l'attention visuelle est une sorte de « stroboscope » en déplacement permanent, un faisceau lumineux qui se déplace de cible en cible, sept fois par seconde. Cette découverte pourrait nous aider, dans un avenir proche, à circonscrire les mécanismes neuronaux de l'attention et en particulier, à les rattacher à certaines oscillations de l'activité cérébrale. Ces résultats sont publiés le 4 décembre 2007 dans la revue PNAS.

La célèbre nébuleuse d'Orion passée aux rayons X

La célèbre nébuleuse d'Orion abrite en son sein une énorme bulle de gaz très ténu, d'une température de 2 millions de degrés. C'est ce qu'a découvert une équipe internationale menée par des chercheurs suisses et du Laboratoire d'Astrophysique de Grenoble (CNRS/Université Joseph-Fourier) grâce au satellite européen XMM-Newton. Cette température est tellement élevée que le gaz émet non pas dans le domaine visible, mais dans celui des rayons X, domaine d'investigation du satellite XMM, lancé par l'Agence Spatiale Européenne en 1999. Ces résultats sont publiés en ligne le 30 novembre 2007 sur Science Express.

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