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Un candidat-médicament contre le lupus, maladie rare auto-immune inflammatoire chronique, vient de passer avec succès les tests cliniques de phases I et II. Les essais basés sur un peptide thérapeutique issu des recherches du laboratoire Immunologie et chimie thérapeutiques du CNRS, à Strasbourg, sont réalisés par la société ImmuPharma, à qui le CNRS a concédé la licence de son brevet. ImmuPharma s'apprête aujourd'hui à engager les essais cliniques de phase III.
Une association de chercheurs de 10 pays européens impliquant 3 laboratoires du CNRS et du CEA vient de mettre en évidence que les climats des deux pôles suivaient un phénomène de bascule durant la dernière période glaciaire. Des bouleversements dans la circulation océanique atlantique semblent être au cœur de cette interdépendance entre les deux pôles. Les résultats montrent qu'entre 55 000 et 20 000 ans dans le passé, l'Antarctique se réchauffait graduellement lorsque le Groenland était froid et que l'export d'eaux chaudes depuis l'océan sud jusqu'en Atlantique nord était réduit. Réciproquement, l'Antarctique commençait à se refroidir à chaque fois que plus d'eaux chaudes s'écoulaient vers l'Atlantique nord, réchauffant le Groenland. Cette nouvelle étude, publiée dans la revue Nature du 9 novembre 2006, révèle de plus l'existence d'une relation linéaire entre l'amplitude des réchauffements antarctiques et la durée des épisodes chauds au Groenland qui les suivent.
Un enfant né et élevé à Paris, à Tokyo ou à New York acquerra la langue locale avec une facilité étonnante. Quelle est l'organisation du cerveau humain qui lui permet d'apprendre n'importe quelle langue avec une telle facilité ? Deux écoles confrontent leurs théories : la première pense que le langage se distingue fondamentalement des autres fonctions cognitives alors que la deuxième suggère que le langage se construit précisément à partir de mécanismes cognitifs, comme la mémoire. Qu'en est-il vraiment ? Peter Ford Dominey, directeur de recherche au CNRS (Institut des sciences cognitives) (CNRS/Université Lyon 1) et son équipe (1) ont mis au point un modèle de simulation par réseaux neuronaux de la construction grammaticale qui vient étayer cette dernière théorie. Ces travaux sont publiés le 29 novembre 2006 dans "Journal of Cognitive Neuroscience".
Plus une espèce animale ou végétale est rare, plus l'homme lui attribue de la valeur… et peut entraîner son extinction. Cette analyse, publiée dans la revue PLOS Biology par des chercheurs du laboratoire Ecologie, systématique et évolution (CNRS – Université Paris 11), bouscule les théories classiques en économie de l'environnement. Elle remet notamment en cause l'exploitation de certaines espèces et contribuera peut-être à changer les comportements et les législations : achat de produits de luxe comme le caviar ou le bois exotique, collection et observation d'espèces rares, chasse.
Après la découverte d'Abel, de Toumaï et de milliers de fossiles de vertébrés, les sites à hominidés du Tchad viennent de livrer un nouveau type de fossiles, vieux de 7 millions d'années : des fossiles de « meules à champignons » crées par des termites cultivateurs de champignons. On pensait que ces structures particulières, présentes dans certaines termitières actuelles, étaient non fossilisables. Les chercheurs de la Mission Paléoanthropologique Franco-Tchadienne (MPFT) : Centre de géochimie de la surface (CNRS – Université Strasbourg 1), Laboratoire de géobiologie, biochronologie et paléontologie humaine (CNRS – Université de Poitiers) et Département de paléontologie de l'Université de N'Djaména (Tchad), apportent ainsi la plus ancienne preuve d'une relation symbiotique entre termites et champignons. Ces travaux, publiés dans la revue Naturwissenschaften de décembre, complètent nos connaissances de l'environnement naturel dans lequel évoluait Toumaï, le plus ancien représentant actuellement connu du rameau humain.
A l'issue d'une mission de sept ans à travers notre système solaire, la sonde spatiale Stardust de la NASA a rapporté sur Terre des échantillons de poussières de la comète Wild 2 ainsi que des échantillons de poussières interstellaires. Lors du survol de Wild 2, le 2 janvier 2004, à une vitesse de 6,1 km/s, Stardust a capturé et piégé des poussières de la coma de la comète grâce à l'utilisation d'un "aérogel". La capsule a atterri le 15 janvier 2006 dans le désert de l'Utah. Des scientifiques regroupés dans des équipes thématiques (Preliminary Examination Teams - PET) ont effectué les analyses préliminaires. Un consortium de cinq laboratoires français associés au CNRS/INSU et soutenu par le CNES, piloté par François Robert, participe à ces travaux. Les premiers résultats obtenus par l'ensemble des équipes thématiques paraissent dans quatre articles publiés dans la revue Science du 15 décembre 2006.
A la demande du ministère de l'Ecologie et du développement durable (MEDD) et du ministère de l'Economie, des finances et de l'industrie (MINEFI), le CNRS met en place en janvier 2007 une expertise collective sur les enjeux scientifiques liés à la mise en place du règlement européen REACH instaurant un système unique d'enregistrement, d'évaluation et d'autorisation des produits chimiques.
Titan, le plus gros satellite de Saturne, présente un paysage parsemé de lacs de méthane au voisinage de son pôle Nord. Il serait doté d'un cycle hydrologique actif, où le méthane liquide jouerait un rôle similaire à celui de l'eau sur Terre. Cette découverte a été réalisée avec le radar de la sonde Cassini-Huygens de la NASA et de l'ESA, par une équipe internationale comprenant deux chercheurs français, issus de laboratoires du CNRS (1). Elle est publiée dans la revue Nature du 4 janvier 2007.
Après avoir identifié plusieurs molécules impliquées dans la détection des infections bactériennes, une équipe du laboratoire « Réponse immunitaire et développement chez les insectes (1) » (CNRS - Strasbourg), conduite par Dominique Ferrandon (2), vient de mettre en évidence le rôle primordial de la protéine GNBP3 (3) dans la détection des infections fongiques chez la drosophile. Cette découverte a révélé l'existence d'un nouveau mécanisme de détection de ces infections, basé sur la perception de l'activité pathogène des champignons. Ces résultats, publiés dans la revue Cell le 29 décembre 2006, ouvrent de nouvelles perspectives dans l'étude des mécanismes de reconnaissance des infections microbiennes, dans le cadre de la réponse immunitaire innée.
Pendant la grossesse, certains gènes exprimés chez la mère interviendraient directement dans le développement normal du fœtus. C'est en particulier le cas des gènes codant la sérotonine maternelle, neurotransmetteur clef de nombreux processus physiologiques. L'équipe de Jacques Mallet, du Laboratoire de génétique moléculaire de la neurotransmission et des processus neurodégénératifs (CNRS – Université Paris 6), révolutionne par cette découverte nos connaissances du développement embryonnaire. D'après ces travaux, publiés en ligne sur le site de PNAS, l'étude des gènes maternels devrait permettre d'aborder sous un angle nouveau la prévention et le traitement de différentes maladies à hérédité complexe comme l'autisme et les troubles gastro-intestinaux.