Progrès dans l'enquête sur la mort d'un Malien en garde à vue

Paris, France (PANA) – Des avancées "significative s" ont été enregistrées dans l'enquête sur les circonstances de la mort en 2004, à Courbevoie, en région parisienne, de Abou Bakari Tandia, un Malien de 38 ans qui venait d'être placé en garde à vue, a indiqué jeudi à la PANA l'avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou.

Emmené au commissariat de Police après un simple contrôle d'identité, Abou Bakari Tandia, résidant en France depuis 13 ans, est tombé dans le coma, pour une raison encore mal éclaircie, avant de décéder trois semaines plus tard. "A notre demande, la juge d'instruction en charge du dossier au tribunal de Nanterre vient de demander 4 contre-expertises. Ces éléments vont, sans doute, aider à la manifestation de la vérité", a dit Me Bouzrou, en rappelant qu'une première plainte de la famille avait été classée sans suite par le Parquet de Nanterre.

"Nous avons, par la suite, porté une plainte avec constitution de partie civile, ce qui a amené à l'ouverture d'une information judiciaire confiée à un juge d'instruction. Après une longue période d'inertie, la nouvelle juge a relancé l'enquête et nous sommes désormais confiants", a affirmé l'avocat de la famille du jeune Malien. Troublés par les circonstances de la mort de Abou Bakari Tandia, des Français, des Maliens et d'autres Africains ont mis en place une association dénommée "Association vérité et justice pour Abou Bakari Tandia" qui organise chaque année une marche afin que la mort du jeune Malien ne tombe pas l'oubli.

Ils ont également lancé un site Internet www.aboubakaritandia.com pour aider la famille malienne à connaître la vérité sur la mort de Abou Bakari Tandia, décrit par ses proches comme "un jeune homme sans histoire". "Nous ne sommes animés par aucun sentiment de vengeance. Nous voulons simplement connaître la vérité et faire notre deuil. Nous voulons surtout éviter qu'une telle tragédie arrive à un autre Africain, en raison simplement de la couleur de sa peau", a précisé à la PANA Souaibou Doucouré, oncle du défunt.

Il a, par ailleurs, fait état de plusieurs incohérences dans les explications fournies par la Police sur les circonstances dans lesquelles Abou Bakari Tandia est tombé dans le coma au commissariat. "Dans un premier temps, on nous a dit qu'il s'est défenestré en tombant du 3ème étage du commissariat. Ensuite, on nous a dit qu'il s'est blessé fatalement en cognant sa tête contre le mur dans sa cellule. Cette évolution de la version policière, ajoutée au retard de 9 jours accusé avant de nous prévenir des faits, nous conforte dans le sentiment qu'on cherche à cacher la vraie raison de son décès", s'est indigné M. Doucouré.

Selon lui, les originaux du dossier médical du jeune Malien ont disparu alors même que la famille a découvert une plaie sur le thorax du défunt.

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