Par David Jagongo Correpondant de la PANA Nairobi, Kenya (PANA) - Le Kenya et le Royaume-Uni sont pris dans une querelle diplomatique depuis que le gouvernement britannique a annoncé qu'il ne reconnaissait pas le gouvernement du président Mwai Kibaki, actuellement confronté à des violences post- électorales.
La querelle a éclaté trois semaines après la proclamation de M. Kibaki comme le vainqueur de l'élection présidentielle controversée du mois dernier.
Mais le Haut Commissaire britannique, Adam Wood, a semblé vouloir minimiser ce malentendu mardi, en déclarant qu'il réagirait le mercredi.
L'annonce, par le président de la Commission électorale du Kenya (ECK), Samuel Kivuitu, désormais en disgrâce, que M. Kibaki avait remporté l'élection considérée par les observateurs locaux et internationaux comme entachée de fraude, avait suscité des manifestations et des violences de grande envergure qui ont fait au moins 600 morts.
Le ministre kenyan des Affaires étrangères, Moses Wetangula, qui a convoqué le Haut Commissaire britannique à Nairobi mardi pour lui signifier que l'élection kenyane "n'avait pas besoin du timbre d'approbation de la Grande-Bretagne".
L'incident diplomatique a été provoqué par un débat au Parlement britannique au cours duquel un ministre délégué aurait déclaré aux législateurs que le gouvernement britannique ne reconnaissait pas la présidence de M. Kibaki.
S'adressant à la presse, à Nairobi, après avoir exprimé ses protestations au diplomate, M. Wetangula a qualifié ce débat de "commentaires négatifs non sollicités et injustifiés n'étant pas de nature à enrichir les relations bilatérales entre les deux pays".
La Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale du Kenya, est un des nombreux pays occidentaux faisant pression sur M. Kibaki et son principal adversaire, Raila Odinga, pour la résolution de leurs différends par le dialogue.
Le Premier ministre Gordon Brown est constamment en contact avec MM. Kibaki et Odinga et les a invité à se retrouver à la table des négociations.
Le sujet de dispute électorale au Kenya est l'affirmation par M. Odinga que l'élection a été truquée en faveur du président sortant, M. Kibaki, 76 ans.
M. Odinga, à qui ont donné raison les observateurs locaux et internationaux, qui ont relevé des fraudes massives lors du scrutin, déclare maintenant être prêt au dialogue.
Tandis que M. Odinga et le Mouvement démocratique Orange (ODM) ont rejeté les résultats, M. Kibaki a refusé de céder, insistant sur le fait que sa victoire était propre.
M. Odinga, qui a affirmé que l'ECK a falsifié le décompte du scrutin présidentiel en faveur de M. Kibaki, a exigé que le président sortant accepte sa défaite et démissionne.
Cependant, M. Odinga, un ingénieur en mécanique et entrepreneur de 63 ans, a depuis assoupli sa position suite à une intense ballet diplomatique conduit par le président de l'Union africaine, le Ghanéen John Kufuor.
L'initiative de l'UA soutenue par quatre ex-présidents africains, qui se trouvent au Kenya -Benjamin Mkapa (Tanzanie), Joachim Chissano (Mozambique), Ketumile Masire (Botswana) et Kenneth Kaunda (Zambie)- préconise un accord de partage du pouvoir.
La communauté internationale reconnaît qu'un accord incluant toutes les parties, dans le cadre duquel un poste de Premier ministre pourrait être créé pour M. Odinga, est la voie à suivre.
Mais leur rôle se limite à jouer les facilitateurs et le dénouement de la crise est entre les mains des Kenyans, surtout de MM. Kibaki et Odinga.
Le reste pourrait être laissé à l'histoire, mais il faut noter que les violences post-électorales qui ont vu des partisans de l'opposition en colère déverser leur bile sur ceux qu'ils considéraient comme ayant voté pour M. Kibaki, a fait plus de 255.000 sans abri dont 5.600 sont allés se réfugier en Ouganda voisin.
Par ailleurs, l'ex-Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui a été désigné par l'UA pour diriger une équipe d'Africains éminents chargée d'une médiation dans cette affaire, est arrivé à Nairobi.
Les autres membres de cette équipe de médiation sont l'ex- président tanzanien Benjamin Mkapa, qui se trouvait déjà au Kenya et l'ex-Première dame mozambicaine, Graca Machel Mandela.
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