Les fichiers de police
Les fichiers des sociétés privés ainsi que des administrations regroupent des données personnelles aussi diverses et variées sur des millions de citoyens et donc, de consommateurs. Ces données peuvent paraître inoffensives tant qu'elles sont éparses et réparties dans de multiples systèmes informatiques. Des personnes mal intentionnées qui veulent, et peuvent, s'en donner les moyens risquent fort facilement de pénétrer ces systèmes de collecte afin de copier, collecter et centraliser toutes ces informations.
Comme nous l'avons vu, de nombreuses sociétés fondées ces dernières années, principalement aux Etats-Unis, sont spécialisées dans la collecte, la recherche et le rachat (voire la vente) d'informations personnelles « officiellement à des fins purement commerciales » rétorquent les défenseurs des libertés. Il faut savoir que ces fichiers privés rassemblent aujourd'hui des millions de profils individuels très précis de consommateurs répartis dans l'ensemble des pays occidentaux. Ces fichiers, répartis dans différentes bases de données sont alors vendus au plus offrant, un véritable business existe en ce sens, et ce, très souvent dans l'illégalité car aucun contrôle efficace n'existe...
Pour ce qui est des fichiers administratifs, de police et de justice, ils sont connus au nombre de cinq. Le fichier STIC (Système de Traitement des Infractions Constatées) est une immense base de données qui interconnecte les fichiers de police entre eux. Ce dernier répertorie depuis 1995 toute personne impliquée dans une procédure judiciaire. Cela va des contraventions, petits délits jusqu'aux crimes les plus graves. Que vous ayez été mis en cause ou bien une simple victime, que vous ayez été blanchi, votre nom reste à jamais dans le fichier STIC. Le Système de Traitement des Infractions Constatées a été créé par la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 et selon le Syndicat de la Magistrature et SGP (syndicat majoritaire des gardiens de la paix), le STIC comptait au 1er janvier 1997, les références de 2,5 millions de prévenus ainsi que celles de 2,7 millions de victimes le tout portant sur 5 millions de procédures et 6,3 millions infractions. « Même en cas de non lieu, le nom du prévenu n'est pas sûr de disparaître des fiches, et ce même si un droit d'accès et de rectification est prévu dans les textes » peut-on lire sur le site d'un journaliste spécialisé, créé pour l'occasion.
« Un traitement difficilement contrôlable » affirme dans son rapport William Baffard, juriste en nouvelles technologies, spécialisé en protection des données personnelles. Un fichier abusif, qui a conduit au licenciement de quatre vigiles en 2004, comme l'indique Libération dans un article « Stic, le fichier qui colle au passé des salariés ». Selon des magistrats et des experts du dossier, dans un avenir proche « c'est une quinzaine de millions de personnes qui seront fichées pour une durée de 20 ans, même si la procédure a été classée sans suite, même si elles ont bénéficié d'un non-lieu. Ces fichiers seront consultables lors des enquêtes de moralité pour l'accès à différents emplois publics ou privés ou pour l'acquisition de la nationalité française », et on ne parle pas de ces employeurs qui bénéficient de l'accès au STIC parce qu'ils ont des connaissances dans la police.
Trop souvent, on oublie donc que ce sont tous les politiques et les gouvernements successifs qui ont instauré ces fichiers abusifs, n'oublions pas que c'est sous le gouvernement de la gauche que le STIC a été régularisé, que le FNAEG (Fichier national automatisé des empreintes génétiques et interconnectées) a été crée et que les fichiers sociaux et fiscaux ont été interconnectés. Récemment, la LSI (loi sur la sécurité intérieure du 18 mars 2003) permet de croiser les fichiers police et gendarmerie : les informations du STIC vont rejoindre celles du JUDEX (système JUdiciaire de Documentation et d'Exploitation), utilisé par la gendarmerie . Quant à la LSQ (loi sur la sécurité quotidienne du 15 novembre 2001), elle prévoit l'extension de ce fichier d' empreintes génétiques aux auteurs de délits ordinaires, concernant des petites atteintes aux biens ou aux personnes. Imaginez donc, vous n'aurez plus le droit à l'erreur si vous désirez garder un emploi ou en trouver un. Vos « petites erreurs de jeunesse » vont vous suivre toute votre vie et influer ainsi sur votre carrière professionnelle et votre vie privée .
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