Accueil / Actualités / Géopolitique / 20805092328 : Le Zimbabwe a lancé une campagne de terreur, selon une ONG nigériane

Le Zimbabwe a lancé une campagne de terreur, selon une ONG nigériane

Lagos, Nigeria (PANA) - L'organisation nigériane de défense des droits de l'Homme, le Bureau pour la Démocratie, les Droits humains et le Travail, a révélé qu'à la suite des élections du 29 mars 2008 au Zimbabwe, la ZANU-PF du président Mugabe a lancé une campagne de violence politique destinée à intimider les membres et les partisans de l'opposition.

Dans un communiqué rendu public par son siège à Washington, aux Etats-Unis et transmis à la PANA à Lagos jeudi, le Bureau indique que cette campagne est également destinée à décourager les responsables de l'opposition à participer ou à voter selon leur conscience lors d'un éventuel deuxième tour de scrutin.

Le communiqué explique que des soldats, des policiers, des vétérans de la guerre et des milices de jeunes, fidèles au parti au pouvoir, ont été déployés dans les zones rurales du Zimbabwe pour intimider systématiquement les électeurs par des meurtres, des passages à tabac, des pillages des biens et des incendies des maisons des habitants qu'ils soumettent également à des humiliations publiques.

Selon le communiqué, "les femmes, les enfants et les personnes âgées ne sont pas épargnées. Les associations de la Société civile, particulièrement celles qui sont impliquées dans la surveillance du processus électoral et les organisations humanitaires chargées de distribuer aux populations l'aide alimentaire dont elles ont cruellement besoin, sont également ciblées".

En faisant la chronique de cette campagne de terreur dans le pays, le Bureau a indiqué qu'à la date du 05 mai, plus de 700 victimes recensées ont dû recevoir des soins médicaux en raison de blessures subies dans le cadre de violences post-électorales et que 200 d'entre elles ont dû être hospitalisées et subir des opérations chirurgicales.

Des victimes beaucoup plus nombreuses n'ont pas été recensées selon le communiqué qui révèle que les autorités gouvernementales empêcheraient les blessés d'avoir accès à des soins médicaux. Au moins 18 décès ont été confirmés, les victimes ayant été passées à tabac et leurs corps présentant des fractures et des brûlures graves. Des maisons et des commerces ont été incendiés dans les zones rurales et le bétail a été abattu, tandis que plus de 6.735 personnes ont été déplacées.

Le Bureau a rappelé le 25 avril que la Police a effectué un raid sur le siège du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) et placé en garde à vue une centaine de personnes, qu'elle a relâché par la suite. Des sources dignes de foi ont également rapporté que l'armée avait installé des centres de torture à travers le pays. Plus de 130 exploitations agricoles appartenant à des fermiers blancs ont été assiégées par des foules en colère; une trentaine de fermiers ont été obligés d'abandonner leurs propriétés tandis que des femmes et des filles ont été agressées sexuellement.

Le Bureau ajoute que les forces de sécurité gouvernementales ont effectué des perquisitions dans les bureaux des organisations de la Société civile, confisquant les ordinateurs et les dossiers, détruisant le matériel et intimidant le personnel. En outre, la Police a investi les bureaux du Réseau de soutien aux élections du Zimbabwe, l'organisation indépendante qui supervisait le processus électoral.

D'après le communiqué, les forces de sécurité ont également battu plus de 50 membres de l'organisation de la Société civile, Women of Zimbabwe Arise, pour avoir participé le 05 mai à une manifestation pro-démocratique, au cours de laquelle 11 personnes ont été arrêtées.

Comments

Log in or create a user account to comment.