Accueil / Actualités / Economie / 0801122207 : Raffermissement des relations entre Washington et Tripoli

Raffermissement des relations entre Washington et Tripoli

Tripoli, Libye (PANA) - La visite effectuée début janvier aux Etats-Unis par le chef de la diplomatie libyenne, Abderrahamane Chalgham, à l'invitation de son homologue américaine, Condoleeza Rice, a définitivement scellé la normalisation des relations bilatérales entre Washington et Tripoli, estiment de nombreux observateurs dans la capitale libyenne.

Cette normalisation entamée depuis 2004, s'est d'abord opérée au niveau des relations économiques qui ont connu une forte impulsion avec l'arrivée, début décembre 2007 à Tripoli, d'une forte délégation d'hommes d'affaires représentant quelque 16 entreprises américaines.
La visite, un mois auparavant à Washington, du secrétaire du comité populaire général libyen de l'Economie, du Commerce et de l'Investissement, Dr Ali Issaoui, avait déjà permis de mettre en place un cadre juridique pour l'essor des relations économiques et commerciales entre les deux pays.
Au plan politique, la place prépondérante qu'occupe la Libye sur l'échiquier international et régional, notamment son rôle pionnier au niveau du continent africain, en font un interlocuteur incontournable dans la résolution des questions qui préoccupent la communauté internationale.
A ce rôle pionnier sur le plan politique, vient s'ajouter l'intérêt que suscitent, à travers le monde, les énormes potentialités économiques du pays, en particulier ses fabuleuses réserves en gaz naturel et en pétrole, estimées respectivement à 1.314 milliards de mètres cubes et à 36 milliards de barils.
Ces potentiels gaziers et pétroliers font de ce pays, qui jouit par ailleurs d'une enviable stabilité politique et sociale, un des principaux exportateurs d'énergie et une source sûre d'approvisionnement.
En outre, la Libye a engagé depuis 2003 un important programme de réforme économique ayant pour fondement la privatisation, la promotion de l'économie de marché, de la performance au niveau de la macro-économie, la réforme du secteur bancaire, la création d'une bourse de valeurs et de l'adoption d'un cadre juridique pour encourager les investissements étrangers directs.
Toutes ces mesures ont fini par faire de la Libye un partenaire privilégié et attrayant sur la scène internationale, et par convaincre les grandes entreprises mondiales.
C'est sans doute en prenant conscience de cette réalité que les Etats-Unis ont entrepris, après le règlement du dossier de l'affaire de Lockerbie et l'abandon volontaire par la Libye en décembre 2003 de ses programmes d'armes de destruction massive, de renouer leurs relations avec Tripoli après plusieurs décennies de rupture.
En effet, depuis ces décisions que les observateurs avertis des questions internationales qualifient de courageuses, les visites de personnalités américaines toutes obédiences politiques confondues se sont succédées à Tripoli, avec, au bout du compte l'autorisation accordée par Washington, en 2004, aux compagnies américaines de reprendre leurs activités en Libye et de s'approvisionner en pétrole libyen.
Un bureau de liaison américain devait ouvrir en Libye la même année.
L'annonce, par les Etats Unis, le 15 mai 2006, de la reprise complète de ses relations diplomatiques avec la Libye et la nomination d'un ambassadeur américain à Tripoli ont donné un coup d'accélérateur à la reprise des relations entre les deux pays et permis d'accélérer la normalisation des relations entre les deux pays.
C'est ainsi que de nombreuses entreprises américaines ont commencé à s'implanter en Libye, un pays qui œuvre, pour sa part, à nouer des liens solides en matière de commerce et d'investissement avec ces entreprises.
Selon des statistiques de 2006, les exportations américaines à destination de la Libye ont atteint près de 435 millions de dollars, et les importations des Etats-Unis sont de 2,5 milliards de dollars.
Ces chiffres témoignent de la progression des échanges commerciaux entre les deux pays qui œuvrent en commun pour promouvoir leurs relations au plus haut niveau.
Par ailleurs, les projets de développement initiés par la Libye pour la période 2008/2012 et pour lesquels le comité populaire général libyen a consacré une enveloppe de 150 milliards de dinars libyens (environ 130 milliards de dollars américains) et qui portent sur des secteurs aussi divers que la construction d'un réseau de chemin de fer, des hôpitaux, des aéroports, des écoles, des routes, des hôtels, des tours et des bâtiments en plus d'une zone franche et autres infrastructures de base, représentent un vaste marché auquel les entreprises américaines pourraient accéder eu égard à leurs expériences et à leur savoir- faire.
Les autorités économiques libyennes ont, de leur côté, fait savoir aux hommes d'affaires américains, l'existence de plusieurs autres secteurs à l'instar du pétrole, du tourisme, des technologies de communication et de l'information pour lesquels les investissements américains sont les bienvenus.
Ils les ont exhortés à saisir l'opportunité qui leur est offerte pour investir dans le pays, de manière à renforcer davantage les relations économiques et politiques entre Tripoli et Washington.
Actuellement, la Libye et les Etats-unis négocient la possibilité d'un accord-cadre en matière de commerce et d'investissement (Trade and Investment Framework Agreement, TIFA), permettant de servir de base pour un cadre juridique régissant les relations économiques et commerciales libyo- américaines.
Une fois conclu, cet accord ne manquera pas d'établir une transparence dans les transactions économiques entre les deux pays et une confiance mutuelle entre les hommes d'affaires et opérateurs économiques libyens et américains.

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