Le gouvernement russe forme une réserve stratégique de gaz (Vedomosti/Gazeta)
Gazprom est devenu le propriétaire potentiel de plus de 5.000 milliards de mètres cubes de gaz, annoncent mardi les quotidiens Vedomosti et Gazeta.
Le gouvernement a approuvé la liste de 32 gisements gaziers pouvant être mis en valeur sans être vendus au préalable. Ces réserves seront accordées à Gazprom, estiment les experts.
La parution d'un arrêté approprié ne signifie pas automatiquement que les gisements seront immédiatement distribués, assure un fonctionnaire du ministère de l'Energie. L'objectif de ce document consistait, selon lui, à renforcer le contrôle de la répartition des ressources. Si aujourd'hui, le ministère des Ressources naturelles décide lui-même à qui accorder une licence, il devra désormais faire approuver sa décision par le gouvernement et par d'autres institutions.
Les dirigeants de Gazprom ont plusieurs fois déclaré que les grands gisements gaziers devaient être remis à la compagnie hors concours. "Le gouvernement pourrait éventuellement gagner de l'argent lors d'une vente aux enchères, mais il perdrait sur le plan stratégique, car personne sauf nous ne pourrait garantir une utilisation rationnelle de ces gisements", a expliqué lundi un manageur de Gazprom. Il n'a pas su préciser lesquels des gisements figurant sur la liste intéresseraient la compagnie en premier lieu. Une autre source émanant de Gazprom a indiqué que le groupe était capable d'assumer la mise en valeur de l'ensemble des terrains mentionnés sur cette liste. Auparavant, le géant gazier avait demandé au gouvernement de lui permettre de mettre en valeur sans appel d'offres le gisement de Tchaïandinskoïé et des terrains de Sakhaline-3 (l'arrêté en question évoque l'un des puits de ce projet, celui de Kirinski, avec des réserves de 75,4 milliards de mètres cubes de gaz).
"Pour certains gisements de Iamal, Gazprom ne possédait que la licence de prospection. Ce sont justement ces terrains qui passeront sans doute à cette compagnie sans concours", note Maxime Cheïne, chef du département d'analyse de la compagnie d'investissement BKS. "Le coût des licences dans d'autres gisements dépendra plutôt de la volonté politique, estime Konstanin Batounine, analyste de la banque Alfa. Leur rachat par une compagnie publique représente de fait un déplacement de l'argent budgétaire d'une poche dans une autre".
source : Ria Novosti
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